J’ai un téléphone intelligent, il émet des ondes. Et maintenant, j’ai un compteur intelligent, qui émet lui aussi des ondes. Pour avoir des appareils «intelligents», il faut se faire à l’idée que des ondes électromagnétiques traverseront notre corps en même temps que celles du four à micro-ondes, des télécommandes et du réseau sans fil. Mais, si je ne voulais pas de tout ça, je ne serais pas obligé de m’en servir, sauf pour le compteur fourni par Hydro-Québec. Ce dernier a été installé chez moi, avec un simple avis postal, sans qu’on m’ai demandé mon avis sur ce nouveau prototype. Je n’ai pas le choix, je dois avoir un compteur qui émet des champs électromagnétiques. Hydro-Québec nous assure qu’il n’y a pas de raison de paniquer. Faut-il s’inquiéter de la crédibilité de la compagnie d’État?
D’ici 2017, Hydro-Québec veut remplacer ses 3,8 millions de compteurs actuels par des compteurs intelligents. Malgré la controverse, ce nouveau genre de compteur a quelques avantages, notamment de pouvoir établir des factures en temps réel et de prévenir les microcoupures et les pertes sur le réseau. Pour la compagnie d’État, il est aussi avantageux de pouvoir supprimer des emplois: le relevé des compteurs se fait à distance. Mais Hydro va plus loin. Elle ajoute que l’utilisation de ce nouveau compteur plutôt qu’à l’ancienne génération réduit les frais d’utilisation au client, puisque la mesure de la consommation est «exacte». Personnellement, chez moi, la personne qui est en charge du compte d’électricité affirme qu’il en coûte plus cher qu’avant. Et elle n’est pas la seule: la plupart des citoyens qui testent le compteur ont remarqué une augmentation de leur compte d’Hydro. Voilà d’ores et déjà un mensonge de la part d’Hydro-Québec.
Du côté de la pollution électromagnétique, sans fournir de preuve qui appuie ses propos, Hydro assure que ses compteurs n’émettent qu’une très petite quantité d’électromagnétisme, «à peine perceptible». Pourtant, des spécialistes ont fait le test et ont constaté que les pulsations émises dans une journée sont beaucoup plus qu’à peine perceptibles. Si le compteur émet autant de pollution qu’un téléphone cellulaire, par exemple, il faut se poser des questions sur notre santé. Mais, même un an après l’installation des premiers compteurs, nous sommes sans réponse. Si l’on découvre dans trois ans qu’il s’agit d’un véritable danger public, qu’allons-nous devoir faire de tout ce qui a déjà été installé? Bien sûr, il faudra probablement les faire enlever, ce qui va coûter une fortune. Le pire dans cela, c’est que vous et moi devrons assumer la facture, en plus d’avoir été exposé à un appareil dangereux pendant quelques années.
Pour résumer, Hydro-Québec a lancé son programme sans même nous expliquer pourquoi elle devait le faire, sauf pour réduire ses coûts. Aucun test n’a été effectué avec preuve par la compagnie d’État sur les risques pour la santé publique. En plus, elle oblige les citoyens à se doter du compteur intelligent, ce qui prouve vraiment ses airs de monopole. Dangereux ou pas, nous devons nous poser des questions et exiger un moratoire sur les compteurs intelligents.