Voilà maintenant 74 jours que le conflit étudiant s’est mis en branle. Hier, le Premier ministre et la ministre de l’éducation ont annoncés, exaspérés de la situation, l’étalement de l’augmentation des frais de scolarité sur sept ans plutôt que cinq. Même si au début de la manifestation, les négociations étaient à propos de l’augmentation, il s’avère qu’aujourd’hui non seulement l’augmentation est contestée, mais aussi les étudiants veulent une instruction gratuite. L’annonce survenue aujourd’hui réglera-t-elle le conflit? Selon-moi, ce n’est pas terminé. Tant que c’est pas gratuit, c’est sûr que ça va continuer de chialer. N’oublions pas que certains vont peut-être réclamer un dédommagement pour leur session annulée.
Voici un extrait du communiqué publié hier par le gouvernement: «Concrètement, cette mesure fera passer la hausse annuelle de 325 $ à 254 $. En tenant compte du crédit d’impôt, ce montant équivaut maintenant à 177 $ comparativement à 230 $, soit l’équivalent d’une hausse annuelle de moins de 0,50 $ par jour.» Alors il en coûterait 230$ par année pour aller à l’école. Non je ne dit pas pour aller à La Ronde, pour aller à l’école! Ça coûte moins cher une année d’école qu’une journée à La Ronde! Alors pourquoi continuer à se plaindre sur le fait que ça coûte cher?
L’autre aspect qui fait en sorte que cette grève n’est sûrement pas terminée, c’est que les militants désirent plus qu’une abolition de la hausse, ils veulent la gratuité. C’est poussé un peu trop, n’est-ce pas? En tout cas les grabuges au centre-ville et les perturbations économiques engendrés depuis le tout début n’auront rien de gratuit. De nos jours, y-a-til quelque chose qui est payant et qui soudainement devient gratuit? Non, sauf si les consommateurs sont prêts à obtenir un mauvais service. Si l’éducation était gratuite, le contribuable serait obligé de payer le prix au complet. Pourquoi devrait-il payer au total pour un service qu’il ne reçoit pas et que s’il avait 20 ans, il ne choisirait pas l’université?
Finalement, j’aimerais lancer un message à tous les étudiants qui sont contre la hausse. Pour le temps que vous avez perdu, je pense que vous pouvez oublier votre augmentation de 300$. Car du temps en dehors de l’école, c’est du temps que l’on doit normalement reprendre. En choisissant ce que vous faites, vous venez de perdre au moins une session en salaire. De plus, vous retardez les nouveaux arrivés au CÉGEP, les «générations à venir» comme votre porte-parole le dit si bien. Eh bien si votre but est de sauver la prochaine génération, c’est manqué d’avance. Si vous pensez que l’augmentation est trop élevée pour vous, alors n’y allez pas à l’école! Mais laissez le peuple et ceux qui veulent vraiment étudier tranquilles!